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21 Septembre 2017 | 1er, Tishri 5778 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique France/Politique

Moise Cohen : Les crèches, un débat actuel ridicule !…

La réflexion de la semaine par Moise Cohen, Président d’Honneur du Consistoire de Paris.

A la télévision, à la radio, dans les journaux, l’actualité s’empare d’un nouveau débat totalement ridicule et qui témoigne d’une parfaite intolérance. Les mairies doivent-elles exposer dans leur hall d’entrée le sapin traditionnel ou, pire encore, une crèche avec tous ses personnages, si typiques ? Débat initié par les défenseurs d’une laïcité exacerbée, qui ne sont pas capables de distinguer entre le respect d’une tradition ancrée depuis des millénaires dans le pays et la volonté de plaire à certaines couches de la population. Volonté aussi de s’insurger contre les séquelles d’une croyance ancestrale, dans le cadre d’une évolution des mœurs qui rejette ces manifestations religieuses d’un autre âge. Ils prescrivent une civilisation aseptisée, totalement neutre, sans aucune réminiscence religieuse, quelle qu’elle soit. En somme, un pays ignorant l’histoire de la foi, qui a inspiré ses anciens. Un rejet de la piété qui s’exprimerait dans les lieux publics, où rien ne doit évoquer des signes extérieurs visibles.
Le tribunal administratif de Montpellier a, du reste, rejeté la demande, d’un citoyen de la Ligue des droits de l’homme, d’enlever la crèche de Noël installée dans l’hôtel de ville de Béziers, se réservant, ultérieurement, le droit d’examiner l’affaire au fond. En fait, les avis sont largement partagés entre les tenants du principe de laïcité à outrance et ceux qui considèrent que cela s’inscrit dans une tradition populaire. Le débat fait rage, car les opposants estiment que la crèche de la Nativité est une violation de la loi du 9 décembre 1905, consacrant la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans la mesure où elle évoque la naissance du Christ "au cœur de la religion chrétienne", la crèche n’a pas sa place dans un lieu public, tel qu’une mairie ou une école. On peut admettre ce point de vue et à l’inverse, comme le disait, avec infiniment d’humour, une journaliste "accepter sans problème qu’une crèche ait toute sa place dans une église" !
 Si on observe, à juste titre que la France est à dominante chrétienne, ce que personne ne saurait décemment nier, il n’y a rien de choquant à trouver des crèches et des sapins un peu partout, y compris dans les centres commerciaux. Pourquoi s’offusquer et attaquer des signes extérieurs, qui sont des rappels de l’identité chrétienne de la France, même si d’aucuns veulent la déconstruire ? Les touristes, de passage à New York, sont heureux de constater la cohabitation sympathique entre les expressions des deux fêtes, qui se côtoient, dans les lieux publics, à la même  époque, pour célébrer d’une part Hanouka et d’autre part Christmas. Les mentalités ne sont pas les mêmes, des deux côtés de l’Atlantique, d’autant que, selon une tradition bien établie à Washington, le président des Etats-Unis procède à un allumage des bougies de Hanouka à la Maison-Blanche.
  Même si on est opposé à toutes les expressions publiques de religion, qu’on le veuille ou non, qui peut ignorer ce qui se passe, sous nos yeux, en cette fin d’année ? Qui peut rester indifférent aux symboles qui enrichissent le paysage urbain : les décorations lumineuses dans les principales artères de nos villes, les immenses sapins se dressant au cœur des cités ? Qui peut ignorer la magie des vitrines des boutiques, la transformation féerique des grands magasins, ces mélodies qui s’échappent des haut-parleurs et cette atmosphère si festive qui règne partout ? Nombreuses sont les mairies qui acceptent sans la moindre réticence l’allumage public des bougies de Hanouka, pour la plus grande joie des familles juives. Alors, bannissons ces débats ridicules et laissons chacun apporter sa touche personnelle à l’espace public, pour qu’un esprit de paix  et de fraternité règne enfin parmi les hommes.

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