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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Judaïsme

Parachath Bamidbar : La voix du Sinaï

(flash90.)

La parachath Bamidbar annonce la fête de Chavouoth mais cette proximité soulève une contradiction : Bamidbar signifie « Dans le désert », un lieu de non-vie, alors que Chavouoth porte aussi le nom de « ’Hag habikourim », la fête des premiers fruits, un nom qui évoque la force de la vie et de la nature. Une telle contradiction ne peut nous laisser indifférents, à proximité d’une fête qui est aussi le temps de la naissance de notre identité. Il faut y voir l’un des messages les plus forts de cette célébration.

Le Rav Chlomo Yossef Zévine (1), l’auteur de la fameuse Encyclopédie talmudique, nous propose une merveilleuse réponse dont la Thora sera le baromètre : sans la Thora, le monde peut devenir un désert, lieu de violence et d’absence de vie. Mais si la Thora devient la référence de vie des hommes, le monde donne des fruits aussi bons et précieux que les premiers fruits d’un champ. On voit donc ici l’existence d’un paramètre déterminant dans la bonne marche du monde. Détenteur de la Thora et de toutes ses règles, le peuple juif se voit confier deux missions par le Créateur : assumer un comportement moral et spirituel au sein de l’humanité qui sera l’oxygène du monde. Comme l’explique le Zohar et le Midrach, l’état physique de l’univers est tributaire des lois tranchées par la Thora et appliquées par chaque Juif. Il faut s’imaginer, à chaque instant, que le respect (ou le non-respect) de chaque loi ou coutume du judaïsme peut avoir des conséquences positives ou négatives sur la santé de l’humanité ou même sur le climat !


Ambivalence

La seconde mission pour rendre ce monde meilleur, consiste à influencer chaque non-Juif dans cette voie. Bien évidemment, les nations n’ont pas 613 commandements à respecter. Leur nombre se réduit à 7 et chaque Juif a le devoir de les inciter à les accomplir, tel que nous le demande le Rambam, Maimonide (2). Cette double approche nous permet de donner une définition précise du monde : il n’est ni bon, ni mauvais. Il évolue selon la coloration morale que l’on peut lui donner. En tenant compte de ce constat, on peut comprendre pourquoi le mot hébreu « midbar » (un désert) peut aussi se lire (ponctué différemment) « médaber » (un être parlant). Alors que le désert évoque la mort et le vide, l’être parlant est porteur de vie et de proximité ! Cette ambivalence rejoint ce que nous écrivions plus haut : il est donné à l’homme de réaliser la plus haute mission confiée par D.ieu : transformer le Mal et l’amener à reconnaître la Présence de D.ieu.


Depuis le Sinaï

D’aucuns pourraient penser que la tâche est considérable. C’est là une erreur car ce travail a déjà commencé le jour du don de la Thora, quand la voix divine prononça les dix commandements. Le Midrach nous dit que la voix de D.ieu pénétra la matière du monde, du fait de sa puissance infinie. Ce n’était pas seulement un phénomène physique. Loin de là. C’est la morale juive qui s’inscrivit alors dans la conscience du monde pour faire de l’interdit de voler ou de tuer des données naturelles. Si l’amour du prochain est devenu aujourd’hui une référence incontournable de la nature humaine ce n’est pas parce ce qu’il est inscrit naturellement dans nos gènes. Mais parce qu’il y a 33 siècles, D.ieu donna au peuple juif les fondements de la morale. 


Note

(1) Il naquit en Russie en 1888 et quitta ce monde en Israël en 1978.

(2) Lois des rois, dans son Michné Thora

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