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24 Novembre 2017 | 6, Kislev 5778 | Mise à jour le 24/11/2017 à 14h02

2 décembre - Chabbat Vayichla'h : 16h38 - 17h50

Rubrique Judaïsme

Ruth : Il était une fois une princesse

(DR)

Si l’on considère ses traits de caractère ainsi que son histoire, il n’y a rien d’étonnant à ce que Ruth, via la lecture de la Meguila qui porte son nom, soit le personnage de référence de Chavouot, la fête marquant le don de la Torah.

Il existe deux manières d’envisager l’histoire de Ruth. Pour certains commentateurs, lors de son mariage avec Mahlon, cette princesse (puisqu’elle était la fille d’Eglon le roi de Moav) ne se convertit au judaïsme que par convenance pour pouvoir épouser le fils de Naomi. Mais pour d’autres (avis du Zohar Hadach), la conversion a bien lieu. Mais celle-ci, comme celle de sa belle-soeur, doit être confirmée lorsque les circonstances changent après le décès de leurs époux.

Comme chacun le sait, ladite belle-soeur (Orpa), après un moment d’hésitation, repart vers ses anciennes coutumes. Ce n’est pas le cas de Ruth qui, par sa célèbre réplique à sa belle-mère, à savoir 

« partout où tu iras, j’irai ; ou tu habiteras, j’habiterai; ton peuple est mon peuple et ton D-ieu est mon D-ieu. », affirme une fidélité inébranlable vis à vis du peuple juif, de son D-ieu et des mitsvot qu’Il a données. Puisque, comme l’explique le Midrach, ladite réplique est aussi une réponse à Naomi qui vient de lui faire part de certaines règles d’une vie juive authentique.

Ainsi, ce qui se découvre ici est cette fidélité absolue de Ruth au judaïsme et à sa pratique, fidélité qui va être confirmée, par la suite, par la manière « modeste » dont elle va se conduire lorsqu’elle glanera dans le champ de Boaz ou par son acceptation, elle qui est beaucoup plus jeune que son futur époux, de se conformer aux règles du lévirat. Ce, afin que la descendance de son (premier) mari ne disparaisse pas totalement.


Une fidélité inébranlable

A ce propos, évoquant comment Ruth obéit aux instructions de Naomi et va se placer, en pleine nuit, au pied de Boaz (pied qui fait allusion à la sandale de ce même Boaz qui sera utilisée lors de la cérémonie de rachat de tout ce qui était à Elimelech et à ses fils ainsi qu’à sa propre  « acquisition » en tant que femme), les commentateurs soulignent non seulement tout que cette démarche a de particulier pour quelqu’un à qui sa belle-mère a enseigné l’interdiction faite à une femme de se trouver seule avec un homme. Mais aussi que l’obéissance de Ruth évoque le « Naassé VeNichma » prononcé par les Bné Israël au Mont Sinaï qui acceptent de faire même avant d’avoir l’explication. Un parallèle important en cette fête du don de la Torah.

Outre cette fidélité à Naomi et à la Torah, le deuxième trait de caractère remarquable est, donc, la modestie dont Ruth fait preuve tout au long du texte biblique (modestie qui, nous dit le Talmud, cette loi orale dont nous célébrons aussi le don, est un des traits caractéristiques du peuple juif). Princesse, elle est prête à vivre dans la pauvreté pour mener une vie de mitsvot en Erets Israël et « glaneuse », elle se conduit de manière tout à fait différente des autres (ce qui attire, d’ailleurs, l’attention de Boaz). « Alors que Ruth était assise pour glaner avec les moissonneurs, raconte le midrach Ruth Zuta, elle détournait son visage et même pas un seul de ses doigts ne pouvait être vu parce que lorsqu’elle voyait une tige debout, elle se levait et la prenait et lorsqu’elle voyait une tige à terre, elle s’asseyait et la ramassait ». 

Même lorsqu’elle vient, la nuit, s’étendre aux pieds de Boaz, elle ne se place pas trop près de lui. Puis, au réveil de celui-ci, elle lui explique le sens de sa présence et s’en va sans même demander quelle va être la suite des évènements. Cette suite, nous la connaissons: Ruth aura un fils de Boaz, fils qui sera l’ancêtre du roi David… et du Messie.

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