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26 Septembre 2017 | 6, Tishri 5778 | Mise à jour le 26/09/2017 à 07h37

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Comment Trump muscle son équipe anti-Iran

Donald Trump (wikipedia)

La présence de plusieurs faucons confirme l’orientation musclée de l’administration républicaine dans ce dossier.

Son intégration à la CIA remonte à 1979, l’année de la révolution islamique iranienne. Un signe, peut-être. Michael d’Andrea est l’un des hommes de l’ombre de l’agence américaine, l’un des historiques de la maison, l’un de ses plus puissants maîtres d’œuvre. C’est à lui que l’administration Trump confie aujourd’hui la direction du nouveau centre d’opérations chargé de suivre les affaires iraniennes à la CIA. La mise sur pied d’une telle structure et le choix de M. d’Andrea, révélé en juin par le New York Times, confirment la volonté du président républicain de faire de l’Iran sa priorité numéro un au Moyen-Orient. 

Depuis le 11 septembre, Michael d’Andrea figure en effet comme l’une des pièces maîtresses de la lutte américaine contre le djihadisme. Les surnoms qui lui collent à la peau au fil des années dessinent le portrait en clair-obscur d’un homme décrit comme un bourreau de travail, d’une intelligence peu commune, et porté modérément sur les relations sociales : « le prince sombre », (« The Dark Prince »), « Ayatollah Mike », « les pompes funèbres ». 

Il faut dire qu’à son poste de chef de la lutte contre le terrorisme de la CIA, où il s’installe en 2006 pendant neuf ans, il se montre impitoyable contre Al Qaïda et la mouvance djihadiste. C’est lui qui dirigera l’opération « Trident de Neptune » qui se solda, le 2 mai 2011, par l’élimination d’Oussama Ben Laden au Pakistan. Architecte, avec l’ancien patron de la CIA, John Brennan, de l’intensification de l’usage des drones contre les terroristes islamistes, notamment au Yémen, ses méthodes d’interrogatoire musclées lui valurent néanmoins les remontrances d’un rapport du Sénat en 2014. Les cinéphiles retrouveront sa trace derrière le personnage de « Roger » dans le film « Zero Dark Thirty », sortant son tapis de prière dans son bureau de la CIA ; Michael d’Andrea s’est en effet converti à l’islam après avoir épousé une femme musulmane. 

Comme sorti d’un roman d’espionnage de John Le Carré, « The Dark Prince » incarne l’un des visages du durcissement de la politique iranienne de Washington depuis l’élection de Donald Trump. Il n’est pas le seul. Le chef de la CIA, l’ancien député du Kansas, est classé parmi les faucons dans ce dossier, tout comme l’ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. Contraint à la démission en février pour ses relations avec un diplomate russe pendant la période de transition du pouvoir, M. Flynn voit néanmoins l’un de ses poulains connaître depuis une ascension fulgurante : Ezra Cohen-Watnick. 


Intelligence peu commune

Agé d’à peine 30 ans, récemment marié dans une synagogue conservatrice du Maryland, ce dernier occupe le prestigieux poste de directeur du renseignement au Conseil de sécurité nationale (CSN). Son nouveau patron, le général H.R. McMaster, qui a succédé à M. Flynn, a cherché à l’en écarter, mais c’était sans compter sur les deux soutiens de poids de M. Cohen-Watnick : les conseillers les plus proches du président Trump, Steve Bannon et surtout Jared Kushner, dont les parents sont des relations de la famille Cohen-Watnick. 

A l’instar du conseiller principal pour le Moyen-Orient au CSN, Derek Harvey, le jeune stratège défend un affrontement plus musclé contre l’Iran. Il estime que Donald Trump, très incisif contre la République islamique, dispose désormais de moins d’un an pour contrer les desseins impérialistes de l’Iran dans la région, à travers la formation d’un continuum territorial chiite entre Beyrouth, Damas et Bagdad. La solution: engager une offensive dans le sud de la Syrie pour y chasser les milices pro-iraniennes. Ses adversaires, notamment le ministre de la Défense, James Mattis et le chef d’état-major interarmées Joseph Dunford, y voient une option très risquée et privilégient de se concentrer sur l’Etat islamique. Quant aux menaces de « regime change » portées par Ezra Cohen-Watnick, mais aussi sous un volet « pacifique » par le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, elles seraient suivies de très peu par les autorités iraniennes. 

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