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26 Septembre 2017 | 6, Tishri 5778 | Mise à jour le 26/09/2017 à 07h37

Rubrique France/Politique

Comment Macron veut peser au Moyen-Orient

Le président Macron a présenté ses orientations diplomatiques à la semaine des ambassadeurs (photo de Steve Nadjar)

Le président de la République présentait mardi ses principales orientations diplomatiques, à la Conférence des ambassadeurs.

« Assurer la sécurité de nos concitoyens fait de la lutte contre le terrorisme islamiste la première priorité de notre politique étrangère ». En une phrase, Emmanuel Macron a résumé l’axe prioritaire de sa diplomatie. Depuis son élection, le président français a pris ses distances, par petites touches ou par des déclarations fracassantes, avec certaines des lignes de force de l’action internationale de son prédécesseur, François Hollande, notamment sur la question syrienne. L’allocution du président de la République à la Conférence des ambassadeurs, le 29 août, a confirmé ces nouvelles orientations, dans une intervention faisant figure de premier grand oral de M. Macron en matière de politique étrangère. Quelle place pour la France dans un monde en pleines mutations et confronté à des crises de plus en plus complexes ? « C’est l’ordre de 1989 qui est aujourd'hui bouleversé. Un ordre fondé sur la mondialisation devenue ultralibérale et l’hyper puissance d’un seul Etat. Nous avons aujourd'hui le devoir de refonder un ordre collectif, stable et juste, avec nos alliés et tous nos partenaires », a souligné le président de la République devant environ cent vingt ambassadeurs. Dans le salon à la chaleur étouffante, la plupart des ministres du gouvernement d’Edouard Philippe sont présents, pas très loin  de l’ancien patron de la diplomatie jospinienne, Hubert Védrine, de l’ambassadrice de France en Israël, Madame Hélène Le Gal, et du spécialiste de l’islam politique Gilles Kepel. 


« Oui, Daesh est notre ennemi »


Ce dernier n’a pas dû manquer la mise au clair du président de la République. « Oui, je parle bien d’un terrorisme islamiste et j’assume parfaitement l’emploi de cet adjectif. Car rien ne serait plus absurde que de nier le lien entre les actes terroristes que nous vivons et une lecture à la fois fondamentaliste et politique d’un certain islam », a justifié M. Macron. « L’angélisme n’est pas de mise à cet égard, pas davantage que ne l’est une peur de l’islam qui confond islamiste et islamique ». Une terminologie dont se félicite Meyer Habib, présent à l’Elysée. « Je l’ai trouvé très clair sur ce point », déclare à Actualité juive le député LR-Constructifs des Français de l’étranger. 

« Oui, Daesh est notre ennemi », a insisté M. Macron qui annonce la tenue d’une conférence de mobilisation contre le financement du terrorisme, début 2018, dans la capitale. « Le retour de la paix et la stabilisation de l’Irak puis de la Syrie sont à cet égard une priorité vitale pour la France. […] « En Syrie, nous devons terminer la guerre ; dans ces deux pays, nous devons gagner la paix ». En défendant l’idée d’un groupe international de contact associant les « principaux acteurs engagés en Syrie », Paris espère reprendre l’initiative dans un dossier où son influence n’a cessé de décliner ces dernières années. Une ambition qui passe par « une relation constructive et exigeante avec l’Iran », selon le président. «  Je ne suis pas persuadé qu’il comprenne que l’Iran est à la base du développement du terrorisme dans la région », regrette Meyer Habib.


Petite musique anti-Trump


Sur la crise dans le Golfe, qui voit le Qatar faire l’objet d’un blocus diplomatique mené par l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte, Emmanuel Macron s’est présenté en médiateur, sans négliger les motivations profondes des tensions, la lutte à mort irano-saoudienne. « Nous n’atteindrons notre objectif de lutte contre le terrorisme qu’à la condition de ne pas entrer dans ces grilles de lecture qui voudraient imposer un choix entre chiites et sunnites, et en quelque sorte, nous obliger à nous enfermer dans un camp. D’autres grandes puissances ont fait ce choix ces derniers temps, j’ai la conviction que c’est une erreur. ». C’était la première salve du président français contre son homologue américain Donald Trump, avec lequel il entretient un « dialogue constant » en dépit de « points de conflit ». La deuxième portera sur l’accord nucléaire de Vienne, malmené par l’administration républicaine qui cherche actuellement à démontrer les violations du régime iranien. « La cadre de cet accord est le bon », a assuré M. Macron, tout en évoquant d’éventuels amendements « pour l’après 2025, par un travail indispensable sur l’utilisation de missiles balistiques ». 


En Israël au printemps


Le dossier sera de toute évidence l’un des principaux sujets de discussion entre M. Netanyahou et le président français qui mènera une tournée diplomatique au printemps prochain, qui le mènera également au Liban, en Jordanie et dans les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne. Pour M. Macron, « il est fondamental que la France continue à peser sur la question israélo-palestinienne », autour des principes suivants : une solution à deux Etats avec, pour chacun, Jérusalem comme capitale. « Jérusalem ne sera jamais la capitale des deux Etats, ni aujourd’hui, ni demain », s’offusque Meyer Habib.

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