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21 Septembre 2017 | 1er, Tishri 5778 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Et si l’extrême droite revenait au gouvernement ?

Le parlement autrichien à Vienne (DR)

C’est ce qui inquiète le Comité Mauthausen dont l’objectif est de perpétuer la mémoire des crimes nazis et qui représente les déportés du camp de concentration autrichien du même nom.

C’est le 15 octobre prochain qu’auront lieu les élections anticipées réclamées par le dirigeant du parti conservateur ÖVP, Sebastian Kurz, qui entend mettre fin à dix années de coalition avec les sociaux-démocrates. Les Autrichiens seront appelés à élire 183 députés pour un mandat de cinq ans.    

Des élections qui prennent place dans un contexte politique tendu moins d'un an après un scrutin présidentiel en forme de désaveu pour les deux grands partis traditionnels - le SPO, le Parti social-démocrate et l’ÖVP, le Parti populaire -. Une élection remportée par l’écologiste Alexander Van der Bellen face à Norbert Hofer, le candidat du FPÖ un parti d'extrême droite fondé par d’anciens nazis. Le FPÖ qui, dans ce contexte politique favorable à la percée des partis populistes, est déjà crédité de près de 25% des intentions de vote aux législatives. Il pourrait donc rejoindre une coalition menée par Sebastian Kurz qui devrait remporter 32% des voix. 

Le Comité Mauthausen a donc tiré la sonnette d’alarme, la semaine dernière, en établissant une liste de pas moins de 60 dérapages racistes ou antisémites attribuables à des élus du FPÖ depuis 2013. 

« Bien que le parti tente de se refaire une réputation, il reste viscéralement antisémite », estime le comité. Cette alliance est d’ailleurs crainte par le chancelier social-démocrate Christian Kern, en personne, qui lui n’est qu’à 27% des intentions de vote. « Si quelqu'un forme une coalition avec le FPÖ, qu’il ne vienne pas dire après qu’il ne savait pas à quel point ce parti est inguérissable et reste proche de l’idéologie nazie », a encore prévenu la direction de Mauthausen. Déjà en l’an 2000, l’entrée du FPÖ au gouvernement dirigé par le chancelier conservateur Wolfgang Schussel, avait provoqué un véritable séisme politique en Europe et donné lieu à des sanctions de la part de l’Union Européenne.   

Depuis le parti, proche du Front National français, tente de redorer son image prônant des valeurs de liberté, de progrès et de justice sociale et a vivement réagi au rapport publié par le comité Mauthausen dénonçant une campagne diffamatoire. 

« Ceux qui s’inquiètent de l’antisémitisme en Autriche auraient dû depuis longtemps dénoncer les conséquences de l’arrivée en masse de gens issus d’une culture où l’antisémitisme est quasi-quotidienne », a répondu le parti en référence aux réfugiés musulmans qui affluent en Europe. 

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