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24 Novembre 2017 | 6, Kislev 5778 | Mise à jour le 24/11/2017 à 14h02

2 décembre - Chabbat Vayichla'h : 16h38 - 17h50

Rubrique Culture/Télé

Steve Suissa : « Je rêve de faire un pont d’amour et de culture entre la France et Israël »

(DR)

A l’image d’Israël, son rêve est devenu réalité : du 22 au 30 octobre 2017, Steve Suissa proposera le Premier Festival de théâtre français en Israël. Adepte de l’excellence, l’enfant terrible du théâtre français a su rallier autour de pièces éclectiques une élite artistique : Thierry Lhermitte, Pierre Arditi, Francis Huster, Daniel Russo, François-Xavier Demaison, Claire-Marie Le Guay. Lever de rideau sur un formidable défi.

Actualité Juive : Ce festival est un projet inédit. Racontez-nous…

Steve Suissa : Il y a trois ans, Francis Huster et moi sommes venus ici montrer un film d’après la pièce « Le journal d’Anne Franck ». Une adaptation d’ Eric Emmanuel Schmidt, qui avait très bien marché en France. On a fait salle comble, des gens sont restés dehors sans ticket : nous nous sommes aperçu qu’il y avait  un manque et une envie de culture hallucinants. Puis nous avons proposé 

« L’énigme Stéphane Zweig » et « Amok », pièces difficiles, compliquées, littéraires. Ce fut un grand succès. Depuis longtemps, je rêve de faire un pont d’amour et de culture entre la France et Israël. Je pense que c’est le moment ou jamais de montrer l’envie des artistes d’être          citoyens du monde et une image d’Israël qui est celle que tous les visiteurs ont d’ici après leur séjour. Et je trouvais magnifique de faire cela par le biais de la culture.


A.J.: Un thème - l’identité - structure le festival. Pourquoi ?

S.S : Il était important pour moi de donner une thématique au festival, sans l’intellectualiser, en le laissant populaire et élégant. Je suis donc allé chercher quatre spectacles, sur le thème de l’identité, et auxquels le spectateur peut s’identifier : parce que les acteurs et les thèmes lui en donnent l’envie, parce qu’il se sent considéré par cette proposition de pièces à succès. Je fais cela par envie d’aventure, de partage, d’amour. 


A.J.: La pièce de Kressmann Taylor, « Inconnu à cette adresse », interprétée par F. Huster et T. Lhermitte sera jouée à Tel-Aviv et à Jérusalem. Pourquoi ce statut spécial ?

S.S : Je tenais à ce qu’elle soit jouée aussi à Jérusalem, précisément au théâtre Gérard Bechar, où Eichmann fut jugé en 1961 pour ses crimes. C’est un message très fort pour moi.


A.J.: Comment s’est effectué le casting des acteurs ? Certains ont-ils refusé ?

S.S : J’ai eu de la chance ! les pièces que nous avons voulu avec JMD productions sont telles que les acteurs n’ont pas tiqué une seconde. Tous ont dit « Banco ! ». J’espère donc vraiment que pour tous ce sera un voyage de découverte.



« La culture, c’est l’arme des mots :  soit des caresses, soit des coups énormes »


A.J.: Votre ambition avouée est aussi celle d’une métamorphose : que ces ambassadeurs de la culture française deviennent ambassadeurs d’Israël.  Sur quoi misez-vous ?

S.S : Sur l’appel du cœur. Je ne base cette aventure que sur l’humain, l’amour, le coup de cœur ou pas le coup de cœur du tout. Les acteurs qui ont accepté de venir sont tous des épicuriens. F.X Demaison qui vient de remplir l’Olympia avec son spectacle ne sait même pas à quoi Israël ressemble ! j’espère que la magie va opérer, c’est tout. C’est exactement pareil que pour des danseurs se produisant pour le chorégraphe Ohad Naharin. Ils ne veulent plus quitter le pays. Tout à coup, quelque chose d’autre les interpelle : la terre, la démocratie, la liberté, le pays, l’énergie, cette faculté de vivre le moment présent, d’être en éveil, ce côté yom yom. La culture est une arme formidable. C’est l’arme des mots :  soit des caresses, soit des coups énormes. 

Se retrouver dans une salle avec des inconnus, dans le noir, partager des émotions ensemble sans se connaître, cela peut contribuer à faire évoluer les futures générations. Israël est l’endroit du Proche et Moyen-Orient où il y a le plus de spectateurs, de comédies musicales, de théâtres. Personne ne le sait. Il est temps de mettre les pendules à l’heure.


A.J.: D’où vient cet amour inconditionnel pour Israël ?

S.S : De mes parents, sûrement ! De façon générale ils m’ont transmis beaucoup d’amour. Mais j’ai eu une révélation pour ce pays et mon amour est encore plus décuplé quand je vois combien il est victime d’une injustice incroyable, infondée.

Il suffit de venir ici pour s’en apercevoir. C’est pourquoi je crée ce festival afin qu’il y ait du partage et de l’amour, que les gens remplis d’a priori et de désinformation aient la curiosité de venir voir et de partager l’amour, la tendresse, la douceur, et l’énergie d’ici. 


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