Default profile photo

18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique France/Politique

Sarah Halimi : que dit le rapport d’expertise ?

Dans ses conclusions, l'expert Daniel Zagury estime qu'un « crime peut être délirant et antisémite » (Capture d'écran France 24).

L'expertise psychiatrique du tueur vient d’être remis à la juge d'instruction. Il conclut à une altération du discernement et non à une abolition, ce qui ouvre la voie à une sanction pénale. L’expert juge que l’acte à la fois « délirant » et « antisémite ».

Lorsque Kobili Traoré a porté ses coups à sa voisine juive avant de la tuer par défenestration, était-il en pleine possession de ses moyens ? Etait-il atteint d’un trouble mental au point qu'aujourd'hui, la justice puisse le juger irresponsable de ses actes ? En termes médicaux, cela consiste à savoir si son discernement était « altéré » de façon partielle ou totalement « aboli » au moment des faits. De cette expertise psychiatre diligentée par le Dr Daniel Zagury, dépendait la suite de la procédure judiciaire. Un rapport déclarant que le discernement du tueur avait été « aboli » au moment des faites aurait pu annuler le procès et considérer le tueur comme un simple malade mental. Cela avait été le cas, par exemple, avec l’assassin de Sebastien Sellam, ce disc-jockey juif défiguré et assassiné à coups de couteau par son voisin qui avait lancé « J’ai tué un juif, j’irais au paradis ».

 Les conclusions du rapport d'expertise psychiatrique de Kobili Traoré viennent d’être communiquées et si l’on ne devait retenir qu’une chose, c’est le discernement « alteré » qu'il évoque, ouvrant ainsi la voie à un procès. Pour autant « alteré », ne signifie pas non plus qu’il était en pleine possession de ses moyens, selon le psychiatre. Selon le Dr Zagury, l’assassin de Sarah Halimi a été pris cette nuit-là d'une « bouffée délirante aiguë », « notamment caractérisée par un délire persécutif polymorphe, à thématique mystique et démonopathique [liée aux démons] ». En cause : l'effet d'une forte consommation récente de cannabis. De quoi altérer le discernement du drogué, sans pour autant l'abolir. Sa consommation « volontaire et régulière » de cannabis, qui a eu pour effet d’accroître les bouffées délirantes, le rend partiellement responsable de son acte.


« Sheitan » 

Pour l’expert cependant, ce trouble psychotique n'est « pas incompatible avec une dimension antisémite » du crime. Il observe que l’appartenance religieuse de Sarah Halimi s’est « télescopée avec la thématique délirante [de Kobili Traoré], l’associant immédiatement au diable ». Pour rappel, il a traité Sarah Halimi de « Sheitan » (Satan), lorsqu’il lui portait ses coups.

Pour rappel, Sarah Halimi, âgée de 65 ans, mère de trois enfants et retraitée, a été torturée à son domicile aux cris d’ « Allah akbar » puis défenestrée. L’autopsie révélera plus d’une vingtaine de fractures sur son corps et son visage. Son agresseur, Kobili Traoré, 27 ans, est un voisin. Tandis qu’il s’acharne sur Sarah Halimi, il la qualifie de « Sheitan » (démon en arabe), déclame des sourates du Coran et crie « Allah akbar» plus d’une dizaine de fois. Il est ensuite immédiatement pris en hôpital psychiatrique.

"Le CRIF constate que ce rapport conclut à la responsabilité pénale du meurtrier, même atténuée, permettant ainsi la tenue d'un procès devant la cour d'assises de Paris." a ainsi réagi l'institution dirigée par Francis Kalifat. Le Consistoire aussi s'est également fendu d'un communiquant, remarquant que "Au vu des conclusions de l’expert psychiatre, rien ne s’oppose plus désormais à ce que le Procureur de la République de Paris dépose un réquisitoire supplétif pour rajouter à la mise en examen initiale du prévenu, la circonstance aggravante d’antisémitisme retenue par l’expert. »

Powered by Edreams Factory