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21 Septembre 2017 | 1er, Tishri 5778 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique Israël

Ariel Kandel : « Annuler l'examen d'équivalence pour les infirmières françaises »

Après avoir fait supprimer les obstacles à l'intégration des médecins, des dentistes et des pharmaciens français, l'association Qualita, s'efforce maintenant de faire reconnaître les diplômes des infirmières, comme nous l'explique son directeur général, Ariel Kandel.

Actualité Juive : Un problème se pose actuellement pour les infirmières immigrantes de France. De quoi s'agit-il ? 

Ariel Kandel : C'est un problème qui est devenu prioritaire pour deux raisons : d'abord parce que le système de santé israélien souffre actuellement d'un grave manque d'infirmières, tant dans les hôpitaux que dans les caisses d'assurance-maladie. Par ailleurs, on a recensé au moins une centaine d'infirmières françaises qui se trouvent déjà en Israël ou qui ont ouvert des dossiers d'alya et qui ne peuvent pas exercer leur métier ici. Nous devons donc faire en sorte que les diplômes de ces infirmières françaises soient reconnus avant de lancer en France une campagne centrée sur les besoins d'Israël dans ce domaine. 


A.J.: Comment se présente aujourd'hui la situation pour une infirmière qui fait son alya ?

A. K. : Toute infirmière française arrivant en Israël est obligée de passer l'examen auquel sont soumis les Israéliens qui terminent des études d'infirmier. Une personne dotée de 20 ans d'expérience qui immigre en Israël et doit apprendre la langue, subvenir aux besoins de sa famille et s'intégrer dans le pays, devrait aussi travailler pour décrocher cet examen alors qu'elle a terminé ses études depuis 20 ans. C'est d'autant plus inacceptable que ces mêmes infirmières ont le droit d'exercer aujourd'hui dans toute l'Europe où il y a quelque 500 millions d'habitants, et au Canada. 


A.J.: Comment envisagez-vous la solution de ce problème ?

A. K. : Nous demandons la suppression de cet examen d'équivalence pour les infirmières françaises et nous proposons au ministère de la Santé un autre système dans le cadre duquel les infirmières de France dotées d'une certaine expérience recevraient l'autorisation d'exercer en Israël, avec une période probatoire durant laquelle le ministère de la Santé conserverait un droit de regard sur leur activité avant de leur délivrer un diplôme définitif.


A.J.: Le débat public autour de cette question a rebondi au cours des derniers jours. Pourquoi ? 

A. K. : C'est grâce à une pétition que nous avons mise en place récemment et qui a recueilli un millier de signatures, dont celles d'une centaine d'infirmières vivant en Israël et en France.  Cette pétition nous a permis d'accélérer la procédure face au ministère de la Santé et nous espérons parvenir prochainement à un accord.  


A.J.: Où en sont les tractations que vous menez avec le ministère de la Santé ? 

A. K. : Nos conversations avec le ministère de la Santé sont aujourd'hui très avancées. Nous restons prudents même si nous avons bon espoir. Nous savons que la pression est un outil très efficace en Israël, d'où l'idée de la pétition et le travail que nous faisons dans la presse israélienne. A partir du moment où Israël a reconnu les diplômes français des médecins, des pharmaciens et des dentistes, cela signifie que le ministère de la Santé reconnaît le système médical français. En matière d'alya, il convient d'être reconnaissant à l'Etat d'Israël pour tout ce qu'il donne mais il faut, par ailleurs, rester capable de poser les bonnes questions qui permettront d'améliorer l'intégration. 

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