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24 Octobre 2017 | 4, Heshvan 5778 | Mise à jour le 23/10/2017 à 19h07

28 Octobre - Chabbat Lekh Lekha : 18h21 - 19h23

Rubrique Israël

Des nouvelles techniques pour le kibboutz Sde Eliahou

Les membres du Kibboutz n’utilisent aucun perticide. (Flash90.)

Depuis une trentaine d'années le kibboutz Sde Eliahou mise sur l'agriculture bio et les nouvelles technologies vertes. Cela lui a permis d'entrer dans le 21e siècle quand d'autres ont cesser d'exister.

Encore à moitié endormis, ils sortent de leurs dortoirs, situé à côté de l'oulpan et se dirigent dans la pénombre par petits groupes, certains vers les cuisines, d'autres vers les champs. L'air pique les joues et les mains. Même ici, au milieu de la vallée du Jourdain, au kibboutz Sde Elihou, en hiver à 5h30 du matin, l'air est vif. Puis le soleil se lève derrière les monts Galaad de la Jordanie toute proche, et la journée de travail commence dans les champs bio du kibboutz. On plante, on cueille et on arrache  à la main les mauvaises herbes au milieu d'un paysage grandiose.

Dans cette portion du champ, aucun pesticide n'est utilisé. Là où plus loin, on voit des ânes et des moutons désherber le sol au pied des vignes ou des dattiers, ici c'est l'huile de coude des jeunes de l'oulpan, qui alternent jour de classe d'hébreu et jour de travail manuel, qui fait office de désherbant. Les carottes, les salades, les choux, les oignons, les courgettes, les patates douces et les herbes aromatiques sont destinés aux marchés locaux, et à quelques magasins bio. Presque rien n'est à destination de la grande salle à manger du kibboutz.

Boaz, qui dirige ce grand carré de verdure s'est aussi adjoint les services de David, un volontaire qui a fini des études environnementales à l'université de Tel-Aviv. Il aimerait sans doute le garder sous la main. Non pas tant qu'il fournisse un travail bénévole mais parce qu'il a de bonnes idées. Quand des limaces ont  menacé les salades, il a concocté une soupe de piments qu'il a aspergé sur les plantes. Les limaces n'ont pas aimé l’assaisonnement et ne sont pas revenues. Les parasites des courgettes eux sont attirés dans un piège mis au point par Bio-Bee l’entreprise fleuron de Sde Elihou, sur la troisième marche du podium mondial des entreprises produisant des pesticides bio. Elle dispose de bureaux en Russie, au Chili, en Colombie, en Inde, en Afrique du Sud et aux États-Unis.

Dans la partie nord du kibboutz, se trouve des dizaines de serres dont tous les paramètres sont gérés informatiquement par un système mis au point par un ingénieur de Bio Bee. Chaleur, luminosité, humidité, tout peut se contrôler depuis un smartphone. L'entreprise est presque totalement autonome. Des fondations aux  installations internes tout est construit par l'équipe de construction des serres d'Elazar. Ses équipes qui travaillent en été par des températures proches des 45° ont tout construit sur l'hectare et demi qui accueille ces serres.

A l'intérieur, une équipe d'une vingtaine de chercheurs développe des insectes prédateurs qui neutraliseront les parasites présents sur des fruits et des légumes. Bio Bee produit également des abeilles butineuses. Et les affaires marchent bien. « En un an, la croissance de ce secteur est de 15% contre 2% pour les pesticides chimiques, explique Shaul Bassi, PDG de Bio-Bee. Le marché de ces derniers représente 60 milliards de dollars par an, contre 3 milliards pour le bio. La tendance étant nettement à l'abandon progressif des produits chimiques, notre marge de progression est énorme ». Et pour rester leader, 7% des bénéfices sont dédiés à la recherche et au développement explique Bassi, qui, étant membre du kibboutz, reverse son salaire et touche un revenu équivalent aux ouvriers d'Elazar et de tous les autres membres. 

« Nous sommes le leader mondial dans la production du Phytoseiulus persimilis, qui est le prédateur le plus efficace du tétranyque, l'araignée rouge, continue-t-il, un acarien qui s'attaque à différents types de cultures  agricoles ». 

Aujourd'hui, l'organisation de l'entreprise est séparée de celle du kibboutz. « C'est plus sain » affirme Bassi. Il touche néanmoins le salaire des employés membres du kibboutz et une part des dividendes. A l'heure où les kibboutz ferment les uns après les autres pour raisons économiques, le bio aide Sde Eliahou à se maintenir à flots. 

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