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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Sport

France-Pays-Bas (4-0)

Mbappé, Lemar et Griezmann rapprochent la France de la Russie

Kylian Mbappé, une entrée décisive (Twitter Equipe de France).

La victoire des Bleus, jeudi soir, assure la première place du groupe. La Coupe du Monde en Russie se rapproche.

Bien sûr, le score est un brin flatteur. Bien sûr, tout fut plus simple à 11 contre 10, après l'expulsion injuste de Strootman (61e minute). Qu'importe. L'ivresse des quinze dernières minutes de France-Pays a rassuré et offert quelques promesses. La campagne de Russie se dégage pour les Bleus de Didier Deschamps dont les choix tactiques au coup d'envoi, avec quatre joueurs offensifs et Paul Pogba dégagé de certaines tâches défensives par la couverture de Kanté, et en seconde mi-temps (entrée de trois attaquants) auront tracé le chemin. Le ciel s’éclaircit, et la défaite de la Suède en Bulgarie (3-2) a embelli la soirée d'une équipe de France compacte, joueuse souvent, maladroite parfois.

Les sceptiques souligneront, sans avoir complètement tort, que cette équipe des Pays-Bas n'avait d'Orange que le maillot. Asséchés physiquement, dépassés techniquement, les Hollandais ont livré une prestation triste comme un ciel d'automne à Rotterdam. Dick Advocaat a eu l'élégance, et le réalisme froid, de constater que son adversaire était « trop fort ». C'était aussi une manière de ne pas enfoncer davantage des joueurs à qui il a redonné l'espoir, depuis son arrivée en juin, d'une qualification pour la Coupe du monde. Tout n'est pas perdu pour eux mais l'infinie obscurité du regard de Wesley Sneijder sur le banc, à la fin de la rencontre, résume le chemin de galère qui s'avance. Sneijder, Robben, duo de stars en bout de course, à des années lumière de leur niveau d'antan. Le temps file, même - surtout  ? - pour les plus talentueux, et profite aux nouveaux entrants sur le marché des étoiles.

 

Généreux

Thomas Lemar a le profil. Titulaire pour la première fois dans un match de qualification, le Monégasque a régalé. Sa disponibilité, son aisance technique (98 %  de passes réussies) et ses deux buts (73e et 88e minute)  ont confirmé qu'il y aurait désormais match pour la place de milieu gauche de l'équipe de France. C'est une mauvaise nouvelle pour Dimitri Payet, mais un atout supplémentaire pour Didier Deschamps. Il n'est pas le seul. La performance de Kanté laisse croire que le paradoxe de voir le double champion d'Angleterre et MVP du dernier exercice patienter sur le banc au côté de Guy Stephan atteint peut-être son épilogue. Le corollaire d'une grande plus liberté de Pogba n'est pas pour arranger Blaise Matuidi, potentiel grand perdant de l'affaire. Quand au Mancunien, il garde la faculté, quasi inépuisable, de laisser le suiveur sur sa faim. L'action solitaire de la 69e minute dit tout de ce qu'il peut, de ce qu'il doit faire mieux aussi.

Antoine Griezmann ne se pose pas ce genre de questions. A lire les commentaires la veille du match, la lune de miel post-Euro était terminée pour l'attaquant peroxydé. Il aura suffi de 90 minutes pour remettre une pièce dans la machine. Inutile de chercher ailleurs, le leader technique des Bleus, c'est lui. Tranchant offensivement, décisif (14e minute), le Madrilène a retrouvé les qualités qui ont fait de lui l'un des hommes forts de Didier Deschamps, comme de Diego Simeone. Griezmann est généreux pour deux, en témoigne son retour à 30 mètres de la cage d’Hugo Lloris pour entraver une percée adverse (17e). Et en cas de panne moteur, la France peut désormais compter sur une autre Formule 1.

Magie

Il ne faut pas se priver de retrouver les rêves de l'enfance devant la magie offerte par Kylian Mbappé. Ce n'est plus un espoir, c'est un vertige. Il y avait quelque chose de Ronaldo, survolant la finale de la Coupede l'UEFA 1998 au Parc des princes, dans les passements de jambe du néo-Parisien. On le disait un peu court physiquement après trois semaines sans jouer. On le pressentait un peu fragile psychologiquement après une fin de mercato agitée. C'était peut-être exact. Mais le joueur français le plus cher de l'histoire a démontré jeudi soir l'étendue de ses ressources. Le public français, enthousiaste hier, peut trouver d'autres raisons de se réjouir avec le maintien du joyau monégasque en Ligue 1. 180 millions d'euros pour lui ?  L'avenir nous dira peut-être bientôt que le montant de son transfert au Paris-SG s'apparente à une affaire. En attendant, observer Kylian Mbappé sur un terrain de football donne des envies d'encore. Au Parc d'abord. En Bleu ensuite, et pour longtemps.

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